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Devoir de vigilance, un levier d'action

3 questions à Solène Dhôte, Consultante Senior

novembre 2026

Solène Dhôte, Consultante Senior, revient sur les enjeux majeurs du devoir de vigilance et ses obligations pour les entreprises.

 

1. Pourquoi le devoir de vigilance dépasse-t-il aujourd’hui les seuls enjeux de conformité ?

Les partenaires commerciaux, financiers et la société civile formulent des attentes croissantes concernant la capacité des entreprises à identifier, réduire et prévenir efficacement leurs atteintes aux droits humains et à l’environnement dans leurs activités, mais aussi au sein de leur chaîne de valeur. Un manquement à ces impératifs peut constituer un risque réputationnel, commercial et juridique pour les entreprises, notamment lorsque les chaînes de valeur sont complexes ou impliquent des zones à risque.
Au-delà des obligations réglementaires, le devoir de vigilance constitue aussi l’opportunité de mieux connaître sa chaîne de valeur. En mettant en lumière les dépendances, les vulnérabilités, les risques et impacts indirects, il contribue à sécuriser les approvisionnements et la continuité des activités.

 

2. Qu’est-ce que le devoir de vigilance change concrètement dans l’entreprise ?

Construire son plan de vigilance permet en réalité de structurer plusieurs démarches parfois conduites séparément : dialogue avec les parties prenantes, cartographie et évaluation des risques, processus de sélection, d’évaluation et d’engagement des fournisseurs, diffusion des politiques en interne…
En renforçant l’intégration de la durabilité dans les activités de l’entreprise, le plan de vigilance permet d’aller plus loin que le simple reporting. C’est l’opportunité de favoriser la montée en compétences des équipes, de davantage structurer les processus, de clarifier les responsabilités et de mieux prendre en compte les enjeux environnementaux et sociaux dans certaines décisions opérationnelles.

 

3. Comment articuler le devoir de vigilance avec d’autres exercices, notamment la CSRD ?

Une approche intégrée facilitera la mise en œuvre à la fois de la CSRD et du devoir de vigilance car les deux démarches peuvent se nourrir mutuellement, tant dans les sujets traités que les politiques à structurer et les équipes à mobiliser.
Les travaux menés dans le cadre du devoir de vigilance, notamment ceux relatifs aux mesures de prévention ou aux dispositifs de suivi, peuvent renforcer la robustesse et la crédibilité des informations publiées dans le cadre de la CSRD. Il y a également des synergies à trouver entre l’analyse des risques et l’analyse de double matérialité, pour limiter les redondances et renforcer la cohérence des deux exercices.
Leur finalité reste cependant différente : la CSRD est un exercice de transparence là où le devoir de vigilance est une obligation d’action et de prévention. L’enjeu est donc d’articuler intelligemment ces deux exercices, afin de renforcer l’efficacité des actions et la qualité du reporting.

 

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