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janvier 2026

En 2026, dix ans après l’Accord de Paris, les entreprises sont de nouveau en première ligne pour faire advenir la transition

L'Optimisme en Mouvement #24 - La newsletter LinkedIn de notre fondatrice

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En 2026, dix ans après l’Accord de Paris, les entreprises sont de nouveau en première ligne pour faire advenir la transition

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Note de Position
Numéro
janvier 2026

L’avez-vous remarqué ? Les dernières semaines de 2025 se sont curieusement accélérées et emballées, jusqu’à emporter avec elles toutes nos bonnes intentions dont, me concernant, l’idée de vous livrer un dernier opus de cette newsletter avant la trêve des confiseurs. En réalité j’avais commencé à y travailler, et cela s’est mué en une tribune rapidement écrite avec mon camarade François Gemenne et publiée presqu’aussi vite par Le Monde, avec la signature d’une trentaine de dirigeants apportant leur crédit à notre propos. Qu’il me soit donc permis ici d’y revenir en m’y attardant un peu, en affinant et peaufinant nos arguments, et en exploitant aussi une grande masse d’études publiées au dernier trimestre par différents acteurs, avec l’idée possiblement que tout cela pourrait utilement nourrir nos bonnes résolutions pour 2026.

L’ECHEC DU MULTILATERALISME A LA COP30 : UN POINT DE BASCULE ANNONCÉ

Notre point de départ fut l’anniversaire, le vendredi 12 décembre, des dix ans de l’Accord de Paris et le constat de l’échec de la COP 30 à Belém : celle-ci aurait en effet dû marquer, en novembre dernier, le moment où la communauté internationale se décidait enfin sans ambiguïté à organiser la sortie progressive et irréversible des énergies fossiles. Mais elle restera comme une occasion manquée…

Certes, les négociateurs y ont obtenu quelques avancées : le triplement annoncé des financements pour l’adaptation, la création d’un mécanisme pour une « transition juste », la définition d’indicateurs mondiaux sur l’adaptation. Pour autant, l’essentiel n’y est pas : aucune feuille de route contraignante pour sortir du charbon, du pétrole et du gaz n’a été inscrite dans le texte final, sous la pression conjointe des grands pays producteurs de fossiles et de plusieurs États émergents inquiets pour leur accès à l’énergie.

À la place, quelques dizaines de pays volontaristes, menés par le Brésil, se sont engagés dans un processus volontaire, en dehors du cadre onusien, pour élaborer une feuille de route de sortie des fossiles. Un progrès symbolique, sans doute, mais très en-deçà de ce qu’exige la science du climat comme la simple logique économique : tant que les énergies fossiles resteront au cœur de notre système énergétique, aucune trajectoire crédible vers 1,5 °C ne sera possible.

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Que peut-on en conclure ? Il est clair désormais que les règlementations ne feront pas la transition à notre place. L’échec relatif de Belém ne signifie pas que les COP sont inutiles, mais il vient confirmer les limites du cadre multilatéral : dans un monde géopolitiquement polarisé et incertain, il est irréaliste d’attendre d’un consensus à 200 États qu’il tranche, à lui seul, la question de la sortie des fossiles.

C’est précisément ce vide qui fait émerger un basculement silencieux mais décisif : la responsabilité se déplace donc ailleurs. Vers les États, bien sûr, qui conservent la main sur les politiques budgétaires, fiscales, industrielles. Mais aussi, en cette période de backlash politique sur l’écologie et de recul réglementaire même en Europe, vers les entreprises qui se retrouvent désormais en première ligne.

LE BACKLASH : UN BLOCAGE DES POLITIQUES, MAIS PAS DES CITOYENS NI DES CONSOMMATEURS

Avant de creuser les conséquences de ce point de bascule, il nous faut dénoncer à nouveau un récit qui tente de s’imposer dans l’espace public depuis deux ans : à entendre certains responsables politiques, notamment, les citoyens seraient lassés de l’écologie, moins disposés à accepter les transformations nécessaires, tentés par un retour en arrière. Comme je l’ai déjà écrit ici, ce récit est largement démenti par les études.

En France, par exemple, les travaux de Destin Commun (étude « La France en quête – Réconcilier les Français grâce à l’environnement ») avaient déjà montré au contraire que pour 68 % des Français, l’écologie est précisément un enjeu « qui pourrait nous unir par delà nos divisions » – 78 % déclarant d’ailleurs penser souvent aux enjeux liés à l’environnement. Une façon de dire qu’à l’heure où la réalité et la récurrence des événements climatiques extrêmes atténuent le besoin de « sensibilisation » sur le sujet, cette préoccupation traverse en réalité tous les segments de la société, bien au-delà des clivages politiques traditionnels.

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Plus frappant encore : selon un sondage sur la perception par les Français des enjeux et mesures écologiques commandé par le Réseau Action Climat à l’institut Ipsos et rendu public en octobre dernier, 67 % des Français considèrent que l’Etat doit accentuer la planification écologique et créer des emplois dans la transition écologique, « même si cela suppose un cadre plus contraignant et un coût ». Les sympathisants de gauche y certes plus favorables (98 % chez Les Ecologistes – EELV, 87 % pour le Parti Socialiste (PS) 🌹🇧🇪 ) que les électeurs de droite (55 % au Rassemblement National et 51 % chez les les Républicains- Union des Démocrates et Indépendants (UDI), mais les positions de ces derniers n’en sont pas moins en contradiction avec celles de leurs leaders.

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Une tendance alignée avec les constats faits au plan mondial, puisque la toute dernière étude Bain & Company (« The Visionary CEO’s Guide to Sustainability 2025 ») indique que malgré un climat général fortement incertain – inflation, coût de la vie, tensions géopolitiques, crises successives – la préoccupation environnementale reste très largement partagée par les consommateurs, même si elle s’est légèrement érodée ces dernières années. Ainsi, selon Bain, la part des consommateurs se disant préoccupés par les enjeux environnementaux est passée de 90 % en 2023 à 86 % en 2024, puis 79 % en 2025. Cette baisse relative ne traduit pas un désengagement massif, mais plutôt une mise en concurrence avec d’autres priorités immédiates. En réalité, quatre consommateurs sur cinq restent engagés sur les questions environnementales, avec un niveau de préoccupation encore plus élevé dans les marchés à forte croissance.

Contenu de l’article©Bain, « The Visionary CRO’s Guide to Sustainability, 2025 »

Fait notable issue de la même étude : 80 % des consommateurs dans le monde estiment que leurs choix individuels peuvent faire une différence, et ce chiffre est en légère hausse par rapport à 2023 et 2024. Cette conviction est d’ailleurs plus forte dans les pays émergents (84 %) que dans les économies développées (74%) : autrement dit, dans tous les pays et malgré le bruit ambiant qui tend à suggérer le contraire, les consommateurs n’ont pas “décroché” des offres et des modes de vie durables.

Autre enseignement intéressant de l’étude : les baby-boomers sont aujourd’hui ceux qui se convertissent le plus dynamiquement aux pratiques durables. Sur les trois dernières années, ils ont ainsi intégré plus de nouvelles habitudes durables que la génération Z, souvent perçue comme la plus engagée. Pour les auteurs, cela s’explique notamment par le niveau de revenus, le stade de vie et la flexibilité des boomers, leur permettant d’investir dans des changements structurants comme l’installation de panneaux solaires ou la rénovation énergétique.

Toujours selon Bain & Company l’ampleur du marché potentiel reste considérable puisque l’étude conclut que 70 % de la population mondiale souhaite vivre de manière plus durable (une tendance que l’on retrouve dans tous les pays, groupes d’âge ou niveaux de revenus), même si cela reste parfois difficile au quotidien. Une part significative de ces consommateurs se dit malgré tout prête à payer plus cher pour des alternatives durables. A noter : cette aspiration se traduit déjà dans les comportements puisque près d’un tiers des consommateurs (32 %) déclarent avoir déjà adopté six pratiques durables ou plus au quotidien. Beaucoup réduisent aussi leur consommation, signe que la durabilité ne relève plus seulement de l’intention, mais d’une évolution réelle des modes de vie.

La conclusion s’impose : le backlash n’est pas citoyen, il est politique. Ce que les citoyens rejettent parfois, comme dans les manifestations des Gilets Jaunes ou des Agriculteurs, ce n’est pas l’écologie en tant que telle. Ce sont certaines modalités de la transition : son injustice perçue, son caractère punitif, l’absence d’exemplarité des élites, les méthodes parfois radicales des militants qui stimulent la radicalité de leurs opposants, les injonctions contradictoires, l’angoisse sans horizon…

Contenu de l’articleAutrement dit : la société n’a pas donc pas du tout décroché de la transition. Elle attend simplement qu’on la rende désirable, juste et crédible – et c’est le travail qui revient désormais aux entreprises.

PENDANT QUE LE POLITIQUE RECULE, LES ENTREPRISES TIENNENT LE CAP DE L’ACTION

Dans ce contexte, et contrairement à une autre idée reçue, les entreprises n’attendent plus les sommets mondiaux sur le climat pour avancer sur la transition. Les données montrent ainsi une accélération silencieuse mais massive.

En analysant plus de 35 000 prises de parole publiques de 150 PDG de grandes entreprises en 2018, 2022 et 2024, Bain (encore) met en évidence une transformation profonde de la manière dont les dirigeants parlent, et pensent, la transition. L’étude parle d’un phénomène de « quiet CEO » ou d’un « say/do gap » : ainsi les dirigeants évoquent moins souvent la durabilité dans leurs discours publics, mais lorsqu’ils le font, c’est de manière beaucoup plus opérationnelle, en la présentant comme un facteur de compétitivité et non plus comme une posture.

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En 2018, l’essentiel des discours de dirigeants abordait ainsi la durabilité sous l’angle de la conformité réglementaire et de la responsabilité morale vis-à-vis de la société. En 2024, le registre a radicalement changé : les PDG ne parlent plus de durabilité comme d’un devoir éthique ou comme faisant partie de leur mission (13% contre 26% en 2018), mais comme d’un levier de création de valeur business (54% contre 34% en 2018). Alors que les entreprises (et l’humanité) sont face au mur de l’action climatique, les sujets mis en avant sont désormais directement liés aux risques cœur de métier et aux réalités opérationnelles : baisse durable des coûts d’exploitation, meilleure résilience des chaînes de valeur, attractivité accrue pour les clients et les talents, accès facilité au capital…

Même constat chez Deloitte (étude « C-suite Sustainability Report 2025 ») où les critères qui motivent aujourd’hui les décisions d’investissement RSE sont très révélateurs de cette évolution de discours : 29% des dirigeants citent ainsi en premier la contribution aux objectifs business et environnementaux ; 25% mettent en avant les bénéfices financiers à court terme ; 23% les bénéfices financiers à moyen terme ; et 23% l’impact sur les actifs immatériels (marque, réputation, gestion des risques, propriété intellectuelle).

Contenu de l’article©Deloitte, « C-Suite sustainability report 2025 »

La RSE n’est donc plus attendue comme un supplément d’âme ou un geste militant mais comme un actif économique, capable de générer du revenu, d’éviter des coûts, de sécuriser des marchés et de renforcer la crédibilité. Et c’est bien ce changement de récit que le marché de la RSE en berne doit réussir à accompagner.

D’ailleurs, toujours selon l’étude Deloitte, 83 % des dirigeants y déclarent avoir augmenté leurs investissements dans la transition au cours de la dernière année. Parmi eux, 14 % ont même augmenté leurs budgets de plus de 20 %, un niveau stable par rapport à l’année précédente. Et les grandes entreprises (plus de 10 Md$ de chiffre d’affaires) accélèrent encore davantage : 22 % d’entre elles ont connu une hausse de plus de 20 %. Tandis que la durabilité figure toujours dans le top 3 des priorités stratégiques des dirigeants, aux côtés de l’adoption des technologies et de l’intelligence artificielle.

D’autres études convergent dans le même sens. Après le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris, 85 % des entreprises ont ainsi maintenu ou renforcé leurs engagements climatiques selon le Massachusetts Institute of Technology (publication « Sustainability Still Matters ») : seules 15% des entreprises disent avoir réduit leurs engagements, tandis que 73% maintiennent le cap et que 12% réhaussent même leurs objectifs.

Contenu de l’articleCe mouvement n’est pas défensif : il est stratégique. Les dirigeants expliquent désormais que leurs actions en matière de durabilité génèrent de la valeur, et même des revenus (voir par exemple, dans l’étude Bain, le focus sur l’économie circulaire, où plus de 70% des dirigeants de l’industrie manufacturière estiment que les modèles économiques circulaires augmenteront leurs revenus d’ici 2027). La transition n’est donc plus pensée comme un simple impératif éthique ou un centre de coûts, mais bien comme un levier de transformation des modèles économiques.

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LES OFFRES DURABLES S’INVITENT DANS LES ARGUMENTAIRES COMMERCIAUX

Cette évolution se traduit concrètement sur le terrain. La durabilité s’invite donc dans les argumentaires commerciaux, y compris dans les forces de vente. Il faut dire que du côté des marchés, le signal est tout aussi clair. Dans l’enquête annuelle de Bain & Company, 50% des acheteurs B2B déclarent déjà attribuer davantage de business à des fournisseurs jugés plus durables, un chiffre en hausse par rapport à l’année précédente (et qui devrait atteindre 70% dans trois ans). Mieux encore : plus de 80 % de ces mêmes acheteurs B2B acceptent de payer un premium pour des offres durables, à condition que les bénéfices soient clairs et prouvés. De quoi motiver les meilleurs vendeurs B2B qui intègrent désormais la durabilité comme un moteur de croissance, un facteur de création de valeur et un différenciateur stratégique… notamment vis-à-vis de leurs concurrents moins proactifs (59 % d’entreprises reconnaissent que leurs équipes ne savent pas expliquer clairement la valeur économique et environnementale de leurs offres durables).

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© Bain

A l’inverse, cette dynamique du côté des commerciaux de terrain est particulièrement marquée dans les entreprises dont la croissance du chiffre d’affaires est supérieure à celle de leurs concurrents. Selon plusieurs indicateurs exploités par Bain, ces entreprises « leaders » sont en effet nettement plus efficaces pour utiliser les offres durables comme leviers de croissance du chiffre d’affaires que les entreprises « en retard », dont la croissance est inférieure à celle de leurs pairs. Ainsi, 90 % des entreprises leaders s’attendent à ce que la durabilité ait un impact positif sur leur activité dans les trois prochaines années, contre seulement 60 % des entreprises moins performantes. Cet écart illustre une divergence profonde de perception et de maturité stratégique. Ce constat est valable dans toutes les régions du monde, y compris dans celles où les pouvoirs publics ont récemment réduit leurs ambitions climatiques. Même dans ces contextes, les entreprises les plus performantes continuent de considérer la durabilité comme un catalyseur de performance économique.

Contenu de l’article
©Bain

D’ailleurs, dans la toute dernière étude du Boston Consulting Group (BCG) (Etude « Climate Survey », cru 2025 également), 82% des entreprises engagées dans la décarbonation en retirent des bénéfices économiques… dont 6% rapportent des gains nets représentant en moyenne 10% de leur chiffre d’affaires, soit en médiane 221 millions de dollars après investissement. Ces bénéfices sont multiples et proviennent d’abord (23%) d’une augmentation directe des revenus et de l’attractivité des offres durables, devant la réduction durable des coûts… et près d’une sur deux obtient en sus un retour sur investissement supérieur à 10 % dans le cadre de ses projets d’adaptation aux risques climatiques. Par étonnant dans ce contexte que 70% des entreprises maintiennent ou augmentent leurs investissements sur le sujet.

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L’autre enseignement martelé par le BCG est que plus une entreprise est structurée dans sa démarche (par exemple, 33% ont ainsi mis en place un prix interne du carbone), plus les retours sont importants. L’an dernier la même étude soulignait ainsi que mesurer les émissions au niveau produit multiplie par quatre la probabilité d’obtenir des bénéfices significatifs. Ou que disposer d’un plan de transition complet multiplie presque par trois ces bénéfices. Tandis que l’intégration de l’IA dans les stratégies climatiques les amplifie encore davantage (automatisation et fiabilisation de la mesure – y compris scope 3, modélisation de scénarios de transition et de leurs impacts financiers, pilotage en continu plutôt que reporting annuel, optimisation tous azimuts – des produits aux consommations d’énergie).

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La conclusion est désormais difficilement contestable : la transition est clairement devenue un avantage compétitif.

LE PASSAGE DE TEMOIN DES PIONNIERS AUX ENTREPRISES DE TOUS LES PAYS (ET DE TOUTES TAILLES)…

Ce point de bascule est décisif : nous sortons de l’ère des injonctions et des promesses pour entrer dans celle des preuves. Dans un monde bousculé par la crise climatique, l’inaction coûte plus cher que l’action, et la transition n’est plus un renoncement mais une stratégie de compétitivité, à condition de se hisser à la hauteur des enjeux et de viser une réduction de ses émissions en valeur absolue, quel que soit le niveau d’activité.

Puisque les normes internationales patinent, la dynamique interne aux entreprises industrielles, financières ou de services (re)devient l’une des principales forces d’entraînement de la transition. Et la bonne nouvelle est que la dynamique ne repose plus seulement sur la vertu d’une minorité pionnière (les fameux 10% qui changent tout), mais sur un arbitrage rationnel qui parle à la majorité silencieuse – entre risques physiques ou réglementaires et opportunités d’innovation ou de nouveaux marchés.

Certes, sans l’engagement précoce de milliers d’entreprises depuis trente ans, de nombreuses solutions bas-carbone (énergies renouvelables, mobilité partagée, agro-écologie, matériaux alternatifs…) seraient restées des niches. Ces pionnières ont inventé, testé et diffusé de nouvelles technologies et modèles d’affaires – tout en apprenant à en limiter les effets rebond : elles en ont prouvé la viabilité, ont créé des labels et des standards, ont éduqué leurs marchés, influencé les décideurs… Certaines sont allées jusqu’à s’imposer une taxe volontaire pour la terre, représentant jusqu’à 1% de leur chiffre d’affaires dans le cadre du mécénat (avec le 1% for the Planet), ou à créer une fondation-actionnaire, qui utilise les dividendes pour soutenir des projets d’intérêt général. Partout, des mouvements comme B Lab B Corp, l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) ou les Sociétés à Mission, soutenus par des institutions comme l’ADEME, la SBTI ou l’International Sustainability Standards Board (ISSB), ont tenu le cap et fait émerger un nouvel imaginaire entrepreneurial. Leurs exemples constituent un véritable livre ouvert de management et d’engagement, où chacun peut puiser librement – et dont l’influence dépasse de loin le nombre, avec un pouvoir de transformation considérable.

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Tant mieux. Car il s’agit désormais d’entraîner toute la chaîne économique (grands groupes, PME et start-up), mais aussi les entreprises des pays émergents (qui auront besoin d’un accompagnement spécifique pour franchir les mêmes étapes) pour massifier les solutions existantes. Cela suppose visibilité, pédagogie et communication – pour éviter le « greenhushing », ce silence qui tétanise le débat et laisse penser que la transition serait minoritaire. Car mettre en récit les avancées, c’est rendre la transition non seulement acceptable, mais désirable – pour entraîner clients, investisseurs, concurrents et collaborateurs…

L’enjeu n’est pas ici pour les entreprises de se substituer à la puissance publique, mais elles peuvent en revanche pratiquer un lobbying positif, orienté vers des règles cohérentes avec la transition – car seule l’action politique pourra garantir une transition juste, protéger les plus vulnérables, corriger les distorsions de concurrence et supprimer les subventions aux fossiles. Sans cela, les pionniers, si audacieux soient-ils, se retrouvent souvent freinés par des règles du jeu inadaptées.

Après la déception de Belém, l’heure n’est pas au cynisme – car les nier les causes du changement climatique n’en fait pas disparaître les effets, visibles et dévastateurs. Si le multilatéral plafonne, alors la responsabilité – et la capacité d’agir – des entreprises redeviennent centrales. Beaucoup sont déjà sur le front pour innover, déployer, accélérer, donner envie et entraîner leur écosystème. Convaincues que la transition n’est pas un coût à supporter, mais un actif stratégique pour demain.

CONCLUSION : QUELLES BONNES RESOLUTIONS POUR ETRE A LA HAUTEUR DU DEFI QUI ATTEND LES ENTREPRISES EN 2026 ET AU-DELA ?

Chaque début d’année remet en scène le même rituel : celui des bonnes résolutions. Une étude de l’University of Bristol a pourtant montré que 88% des bonnes résolutions du nouvel an se soldent en général par un échec (un quart d’entre nous abandonne après seulement une semaine, et plus de la moitié capitule dans les six mois !).

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La raison en est simple, et ce n’est pas une question de volonté : notre cerveau aime les routines, pas les promesses – et tend à surestimer les récompenses tout en sous-estimant les obstacles. De fait, les bonnes résolutions parient trop sur la motivation, et pas assez sur les habitudes ou rituels… Car elles reposent sur une illusion tenace : celle que le changement durable serait une affaire de volonté individuelle, de discours inspirants ou de décisions ponctuelles.

Or la psychologie comme l’expérience nous l’ont appris depuis longtemps : on ne change pas par proclamation, on change par structure, et par introduction de rituels nouveaux. William James, psychologue du 19ème siècle, disait déjà que nous ne sommes que de « simples paquets d’habitudes ». Et ce qui vaut pour les individus vaut tout autant pour les organisations.

Car force est de constater que la transition avance quand elle s’inscrit dans les règles du jeu internes des entreprises, et recule lorsqu’elle reste cantonnée aux marges et aux discours. Ce qui me semble pouvoir inspirer une nouvelle approche des “bonnes résolutions” de ce début d’année dans les entreprises : il est temps de de transformer les bonnes intentions en routines collectives, et de renoncer à établir une longue liste de vœux pieux, en focalisant plutôt nos efforts sur quelques choix structurants, sobres et irréversibles :

  • Instaurer un prix interne du carbone, par exemple, n’est pas un geste symbolique : c’est un rituel de gestion qui oblige chaque décision d’investissement à intégrer le coût réel de l’inaction climatique.
  • Viser la certification B Corp ou devenir Société à Mission ne relève pas d’un label de plus, mais d’une transformation de la gouvernance et du modèle, qui inscrit l’impact au cœur de la stratégie et de la redevabilité.
  • Sur ce même sujet de la gouvernance, l’intégration des parties prenantes les moins représentées, comme la nature ou les générations futures, ouvre également des perspectives nouvelles pour la prise de décision.
  • Dans le même esprit, passer à 100 % d’énergies renouvelables, engager une démarche de circularité, tester la robustesse de sa stratégie climat ou biodiversité avec l’évaluation ACT de l’ADEME, repenser son modèle de revenus ou le partage de la valeur, jouer la transparence sur l’impact social et écologique de ses produits, miser sur des labels reconnus pour rénover ses gammes, faire évoluer son offre pour l’aligner à 30%, puis à 50%, puis à 100% sur les limites planétaires : autant de décisions qui, une fois prises, deviennent des évidences opérationnelles et non des arbitrages qui sont remis sur la table et débattus en continu.

Ces choix ont un point commun : ils réduisent l’effort cognitif, sécurisent l’action dans la durée et rendent le changement compatible avec la réalité des entreprises. Ils font de la transition un cadre collectif pour tous, et non le combat quotidien de quelques-uns.

Puisque nous sortons de l’ère des injonctions pour entrer dans celle des preuves, posons-nous une question simple, mais décisive : quel(s) rituel(s) de transformation mon entreprise est-elle prête à installer cette année – pour de bon ? Pas forcément dix. Mais déjà un ou deux ou trois. Suffisamment structurants pour changer la trajectoire, et engager la bascule.

Bonne année à tous et à chacun.e… et à vos entreprises : que 2026 vous porte vers les sommets personnels et professionnels, individuels et collectifs, auxquels vous aspirez !

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# Climat & Nature# #Société à Mission# B Corp
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